AHBACH,
Récit d'une rencontre
L'histoire qui va suivre s'est déroulée de mémoire en 1999. A l'époque, je m'occupais d'un groupe d'une dizaine de frères agées de 15 à 19 ans. On s'était donné pour habitude de se rencontrer 1 fois par semaine à la mosquée et en particulier le dimanche, jour où il n'y avait pas grand chose à faire pour ces ados. On traitait ensemble de thèmes riches et variés et la fraternité était vraiment au rendez-vous, fraternité auquel je tenais et dont j'avais mis quelques mois à inculquer. Fraternité qui commençaient sérieusement à se refléter dans leurs paroles et leurs comportements.
Alors que nous avions décidé un jour de beau temps de tenir notre assise à l'extérieur, un véhicule type fourgonnette s'est arrêté près de nous. Quelques jeunes d'une vingtaine d'années en sont descendus, visages souriants, nous ont adressé un salam, ont empoigné nos mains et nous ont demandé avec politesse où ils pouvaient trouver la mosquée. Nous les renseignèrent et nous nous proposèrent même de les accompagner, car nous devions nous y rendre pour y célébrer la prière d'Al Asr en assemblée.
Après avoir accompli notre obligation, nous formèrent un cercle dans la salle de prière et nous commencèrent à échanger. Je décidais que le chef du groupe de nos invités, qui venaient d'une ville voisine, prenne la parole... Il débuta son discours par la formule traditionnelle et enchaîna sur quelques passages connus de la vie du Prophète Mohamed (sall Allahou âlayi wa salam). Les jeunes étaient ravis ! Après une dizaine de minutes, je sentais que le discours déviait et que les paroles se transformaient en véritable vénération démesurée pour le Messager d'Allah (sall Allahou âlayi wa salam), par la possibilité de demander son assistance et de l'invoquer, l'importance des reliques du Messager d'Allah (sall Allahou âlayi wa salam) et la baraka qui en découlait.... et c'est à cet instant que je compris que je devais absolument reprendre le contrôle... Le comportement du chef de groupe changea radicalement et il commença à avancer toutes sortes de théories dangereuses sur les qualités et noms d'Allah Sobhana Houwa Taâla et l'anthropomorphisme, sur le sujet d'al Istiwa et continua jusqu'à dénigrer et insulter les savants reconnus d'Ahlou Sunna wal Jamaâ et certains de ses comparses entrèrent dans le débat...C'en était trop !
Je leur demandais d'en arrêter là et insistait auprès des jeunes pour quitter l'assemblée... Ils s'exécutèrent. Tous se levèrent y compris le groupe d'étrangers et ils quittèrent la mosquée. Les jeunes en étaient retournés, certains eurent des doutes... La fracture avait eu lieu...
Le dimanche qui suivit, quel fut mon étonnement de voir la même fourgonnette à l'extérieur de la mosquée, les mêmes étrangers entourés de quelques jeunes du quartier. Lorsque le groupe m'aperçut, il ne daigna pas se tourner vers moi, j'adressais un salut général et je n'entrevis aucun retour de leurs bouches. Je me tournais ensuite vers les jeunes en leur demandant de rentrer à la mosquée pour la salat d'Al Asr (l'adhan ayant déjà été donné) et c'est à ces mots qu'ils me fusillèrent du regard et par la parole en disant :
"Regardez comme il fuit, il n'ose même pas rester ici, car il n'a aucun argument à ce que nous disons".
Je ne vis pas le groupe assister en assemblée à la prière d'Al Asr, et je vous avouerai que je n'avais pas manqué dans mes prosternations d'invoquer Allah Taâla de nous écarter de ces diables. A la sortie de la mosquée, les évènements semblaient avoir dégénéré à la limite de la violence physique. Un groupe de jeunes d'un âge supérieur prirent à partie les étrangers, qui montèrent rapidement dans leur fourgonnette et que l'on ne revit plus jamais depuis ce jour...
J'apprenais par la suite qu'ils manquèrent de respect aux membres de la communauté, traitant les pères de ces mêmes jeunes, d'hypocrites et d'ignorants. Cet épisode m'avait particulièrement marqué et avait causé un grand tort et des doutes dans l'esprit de certains jeunes du groupe dont je m'occupais. Je décidais par la suite de mener ma petite enquête sur ces "étrangers" et m'adressait à ceux qui savaient.
Sur la base de leurs propos, de leurs idées, de leurs dogme, on m'informait que ces étrangers étaient appelés Ahbachs et qu'ils sévissaient gravement et avec violence dans la ville d'où ils venaient.
Ce témoignage est nécessaire et doit être connu, Allah Sobhana Houwa Taâla voulut que je sois soumis à cet épreuve, mais je me demande jusqu'à aujourd'hui ce qu'il en aurait été de ces jeunes face à ces étrangers si j'avais été absent ce jour là, et je prends Allah Sobhana Houwa Taâla à témoin que les faits repris ici sont ni inventés ou fabulés et je demande au Seigneur des Mondes qu'Il nous préserve de leurs méfaits.
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Les Ahbachs